Le système québécois a été bâti avec de bonnes intentions — mais il n'arrive plus à suivre
Au Québec, prendre soin d’un parent vieillissant n’est pas seulement quelque chose que les familles font — c’est quelque chose que les familles sont censées faire. Le terme aidant naturel implique que cela vient naturellement, et que ne pas tout donner irait, en quelque sorte, contre sa propre nature.
Alors, lorsque les familles se tournent vers le système public pour obtenir des conseils, ce qu’elles y trouvent semble rassurant, au premier abord. Les programmes sont bien nommés et clairement décrits. En les lisant — le Chèque emploi-service, les crédits d’impôt provinciaux, le mandat de soins à domicile du CLSC — on pourrait raisonnablement conclure que, le moment venu, le système sera là.
Puis le moment arrive.
L’écart entre ce que les familles attendent et ce qu’elles vivent réellement n’est pas la faute des personnes qui travaillent à l’intérieur du système. Les infirmières, les travailleurs sociaux et les préposés des CLSC à travers Montréal accomplissent, selon notre expérience, un travail remarquable dans des conditions qui en demandent beaucoup trop à beaucoup trop peu de personnes. Nous travaillons aux côtés de plusieurs d’entre eux chaque semaine. Nous avons un immense respect pour ce qu’ils portent.
L'insuffisance est structurelle. La demande a dépassé la capacité d'une façon que l'engagement individuel ne peut pas compenser.